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Le discours de Florence Parly, ministre des Armées lors du Forum des Achats Publics 2018 !

Publié le 20 mars 2019

Le discours de Florence Parly, ministre des Armées lors du Forum des Achats Publics 2018 !

Monsieur le secrétaire général pour l’administration,

Monsieur le président,

Mesdames et messieurs les officiers généraux,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

 

Acheter est une science complexe. Elle demande connaissance, rigueur, inventivité. Elle nécessite parfois de s’armer de patience, de vérifier mille conformités, s’adapter au besoin qui évolue, au fournisseur qui lâche, recommencer. Parfois, acheter, ce n’est plus une science, c’est un art voire un sport de combat.

 

Pourtant, les achats sont nécessaires, centraux. Ils sont le cœur même de la vie de ce ministère comme de toutes les institutions ? Des uniformes aux heures de vol, des ramettes de papier aux frégates, les achats c’est le concret, c’est le quotidien, c’est l’efficacité.

 

Alors, nous sommes arrivés à un constat simple : nos achats doivent être simples, performants, numériques.

 

Cher Marc Sauvage, en choisissant le ministère des Armées pour accueillir le Forum des Achats Publics, c’est une marque de confiance et de reconnaissance qui nous touche et nous honore collectivement. Elle montre la qualité du travail mené par toutes les équipes du ministère des Armées pour moderniser notre fonction Achat. Elle montre aussi ce lien fort qui existe entre le ministère et le Conseil National des Achats.

 

Ce lien, vous savez monsieur le Président combien j’y suis attachée, alors que le Conseil National des Achats est un partenaire privilégié pour faire avancer et améliorer l’achat public. Le ministère des Armées a été le premier à recevoir le label « Relation Fournisseur et Achats responsables » que vous octroyez conjointement avec la Médiation des entreprises. J'en profite pour saluer le médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet, qui avait remis ce label au ministère. J’en suis particulièrement fière et toutes les équipes du ministère travaillent sans relâche pour s’en montrer dignes !

 

Et il est vrai qu’en parlant d’achats publics, il est difficile de passer à côté du ministère des Armées. C’est aujourd’hui le premier acheteur de l’Etat, avec 19,5 milliards d’euros d’achats en 2017. Ce sont autant de retombées positives pour le tissu industriel français, pour les 26 000 PME et ETI, que nous choyons particulièrement et qui sont fournisseurs directs du ministère. Je pense aussi aux 4 000 entreprises qui sont nos fournisseurs indirects mais o combien stratégiques, notamment pour la sous-traitance des programmes d’armement.

 

Alors face à un tel poids pour nos achats, nous n’avons qu’une voie : être responsables.

 

La responsabilité, c’est d’abord bien traiter nos fournisseurs, les respecter, les payer rapidement, être attentif aux PME et veiller à ce que leurs maitre d’oeuvre soit attentif à elles.

 

Cet objectif, je sais que le ministère des Armées le poursuit avec intensité et qu’il est reconnu pour le faire. Je pense au label « Relations fournisseurs et achats responsables », que j’évoquais tout à l’heure. Je pense aussi à nos délais de paiement qui ont diminué de moitié depuis 5 ans. Je pense aux engagements forts et concrets que nous avons pris dans le plan Action PME en avril dernier.

 

Mais la responsabilité, c’est aussi répondre à l’impératif de la modernité et de la performance. Attention, pas une performance usante et désincarnée. Au contraire, une performance au service des agents du ministère, pour aider et simplifier la vie de celles et ceux qui, par les achats, en permettent le bon fonctionnement.

 

Alors, beaucoup de choses ont déjà été faites. Le SGA porte une réforme ambitieuse de la fonction achat. La professionnalisation est plus forte, elle rassure et fluidifie les commandes. La dématérialisation est une réalité grâce à Système d’information Alpha. J’étais là, en mars, pour célébrer son lancement et je suis heureuse qu’il porte ses premiers fruits. Parce que c’est un enjeu pour plus de facilité, pour plus de temps libéré, poour plus de valeur au service de nos Armées.

 

Car la fonction achat de demain, c’est passer du temps sur l’essentiel, pas sur la paperasse. Passer du temps à concevoir et prévoir, pas à remplir des formulaires.

 

Nous avons besoin de ce temps utile. Nous avons besoin de ce dialogue avec nos fournisseurs et nos prescripteurs, car chacun se doute que l’on ne commande pas un drone comme un stylo.

 

Il nous faut donc une fonction achat ouverte, réactive, adaptable, agile en quelque sorte et c’est le thème que vous avez choisi pour ce Forum.

 

 

Le premier enjeu, c’est celui du décloisonnement. Je n’aime pas les silos. Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises et je le crois toujours.. Brisons ces cloisons et en particulier celles qui séparent, encore trop souvent les achats d’armement et les achats hors-armement. De chaque côté nous avons des professionnels de l’achat de grande qualité, qui connaissent bien les spécificités de leur domaine. Ca ne doit pas les empêcher de partager les meilleures pratiques, de nous ouvrir à l’ingéniosité des uns et des autres.

 

En septembre, la mission achats du SGA et le service des achats de la DGA ont réuni pour la première fois ensemble leurs référents innovation pour une journée d’échange et de rencontre avec des startups à la French Tech Central. C’est un début, mais un début dont nous devons nous féliciter. C’est le premier coup pour faire définitivement tomber le mur qui sépare encore trop les achats d’armement et les autres.

 

Nous devons bâtir une fonction achat forte et harmonisée, une fonction aux meilleurs standards existants. Une instruction ministérielle viendra prochainement conforter cette ambition pour la fonction achat.

 

Le second enjeu, c’est celui de l’ouverture vers l’extérieur.

 

Nous ne devons pas nous contenter de nous regarder nous-même, mais aller embrasser les méthodes et les process de tous les secteurs économiques. Le benchmarking, le sourcing ne sont pas des gros mots mais des méthodes à mieux intégrer. Et je sais que vous l’avez compris puisque 14 rencontres Défense – entreprises ont été organisées depuis le début de l’année et vous ont permis de rencontrer plus de1200 entreprises.

 

Le dernier enjeu, enfin, c’est celui de l’audace.

 

J’y reviens souvent, à l’audace,  mais je suis convaincue que c’est aujourd’hui une impérieuse nécessité dans ce ministère et au sein de l’Etat.

 

Et  je vais vous dire le fond de ma pensée, pour faire preuve d’audace, il nous faut des acheteurs professionnalisés, formés, libérés des tâches à faible valeur ajoutée,  capables d’utiliser toute la palette des outils, des dispositifs  et des leviers  que permettent les dispositions sur la commande publique. Ces dispositions ont été et seront renforcées, en faveur des PME et de l’achat innovant, je compte sur vous pour vous en saisir pleinement, pour expérimenter, pour prendre des risques, raisonnés certes, mais assumés au service de la performance de notre action.

 

Ces enjeux, le SGA et la DGA les connaissent. Il nous faut les relever. Les relever pour nos performances, pour nos Armées, pour le bon fonctionnement de notre ministère. Mais il faut les relever, aussi, pour nos acheteurs.

 

C’est à eux, enfin, que je veux m’adresser. Je sais que votre métier est difficile. Je sais que les questions que vous traitez sont sensibles, cruciales pour notre ministère. Je sais que vous travaillez dans l’urgence, parfois sous la contrainte.

 

Vous êtes celles et ceux qui permettent l’efficacité de nos Armées. Vous êtes ces rouages nécessaires sans lesquels toute la mécanique se grippe.

 

Il faut donc donner tout son sens à vos missions, vous donnez toutes les cartes et les perspectives pour exceller dans votre métier. Nous devons sortir la fonction achat d’une vision essentiellement juridique, focalisée sur la sécurisation des procédures et la maitrise des risques, et lui permettre de devenir plus globale, en prenant en compte le droit mais aussi les enjeux économiques, les questions de qualité, de délais, les défis du développement durable et de l’innovation.

 

Nous devons vous donner toutes les cartes en main pour réussir pleinement la professionnalisation que vous avez entamée. Vous donner les cartes en main pour réussir vos missions. Vous donner tous les atouts pour peser, aussi, face à nos clients.

 

Les défis qui s’annoncent sont passionnants. Nous devons les relever. Nous allons les relever. J’ai confiance en vous.

 

Merci à tous !